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Guide pratique

Comment reconnaître un email de phishing

Par A. et G. Balloy · Mis à jour le 5 septembre 2026 · 6 min de lecture

L'hameçonnage par email reste, selon Cybermalveillance.gouv.fr, l'une des menaces numériques les plus fréquentes en France. Longtemps repérable grâce à des fautes d'orthographe ou une mise en page approximative, il est devenu plus difficile à identifier à l'œil : les outils de rédaction automatisée permettent aujourd'hui de produire des messages grammaticalement irréprochables. Les signaux fiables se sont déplacés vers des éléments techniques plutôt que purement visuels.

L'adresse d'expéditeur, pas le nom affiché

Deux champs indépendants, souvent confondus

Le nom affiché comme expéditeur ("Impôts.gouv") est choisi librement par l'envoyeur et n'a aucun lien technique obligatoire avec l'adresse email réelle utilisée pour l'envoi. Une adresse légitime des impôts se termine par impots.gouv.fr, jamais par un domaine générique ou une variation approchante.

Exemple observé
Nom affiché : "DGFIP - Remboursement". Adresse réelle : contact@dgfip-remboursement-fr.com (domaine sans lien officiel avec le vrai DGFIP).

L'urgence et la pièce jointe inattendue

Facture, colis ou résiliation non sollicitée

Une facture jointe pour un service jamais souscrit, une résiliation d'abonnement à confirmer en urgence, ou un document "à consulter avant expiration" créent une pression pour agir sans vérifier. L'ouverture d'une pièce jointe inattendue, notamment un document bureautique avec macros, est le vecteur d'infection le plus courant.

Le lien qui ne correspond pas au site officiel

Vérifier la destination avant de cliquer

Comme pour un SMS, le texte affiché d'un lien et sa vraie destination sont indépendants. Survoler le lien sans cliquer (ordinateur) ou faire un appui long (mobile) révèle généralement l'adresse réelle avant d'ouvrir quoi que ce soit.

Le compromis d'entreprise (faux virement)

Une demande inhabituelle d'un supérieur ou fournisseur

Dans un contexte professionnel, un email imitant un dirigeant ou un fournisseur habituel demande un virement urgent ou un changement de coordonnées bancaires, souvent en profitant de l'absence réelle ou supposée de la personne imitée. Toute demande de ce type doit être confirmée par un appel direct, jamais en répondant à l'email.

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Que faire ?

  1. Ne cliquez sur aucun lien et n'ouvrez aucune pièce jointe avant d'avoir vérifié l'adresse réelle de l'expéditeur.
  2. Contactez l'organisme concerné via son site officiel tapé directement dans le navigateur, jamais via un lien reçu par email.
  3. Signalez le message sur Signal Spam, la plateforme française de référence pour les emails frauduleux, associée à la CNIL.
  4. Si vous avez transmis des données bancaires, contactez immédiatement votre banque pour faire opposition.
  5. Consultez Cybermalveillance.gouv.fr pour un diagnostic complet et les démarches adaptées à votre situation.
Comment vérifier la vraie adresse d'un email si le nom affiché semble correct ?
Le nom affiché comme expéditeur (par exemple « Service client Ameli ») est un champ que l'envoyeur choisit librement, indépendant de l'adresse email réelle utilisée pour l'envoi. Sur ordinateur, cliquer sur le nom de l'expéditeur ou passer la souris au-dessus affiche généralement l'adresse complète entre chevrons ou parenthèses. Sur mobile, un appui sur le nom ouvre les détails du contact ou de l'expéditeur avec l'adresse réelle. Une adresse légitime d'Ameli se termine par ameli.fr, jamais par un domaine générique (gmail.com, outlook.fr) ni par une variation comme ameli-fr.com ou ameli-secure.net. Si l'adresse réelle ne correspond pas au domaine officiel de l'organisme, il s'agit d'une usurpation, quel que soit le nom affiché ou la qualité visuelle du message. Ce contrôle prend quelques secondes et reste plus fiable que d'observer le contenu ou la mise en forme de l'email, qui peuvent tous deux être imités avec une grande précision.
Un email de phishing peut-il être parfaitement écrit, sans aucune faute ?
Oui, et c'est devenu la norme plutôt que l'exception. Les fautes d'orthographe et les tournures maladroites, longtemps considérées comme un signal fiable, ont perdu une grande partie de leur valeur depuis la généralisation des outils d'intelligence artificielle générative, capables de produire un texte grammaticalement irréprochable et au ton parfaitement adapté à l'organisme imité. La qualité rédactionnelle d'un email ne permet donc plus, à elle seule, de juger de son authenticité, y compris pour des messages qui reprennent fidèlement le vocabulaire habituel d'une banque ou d'une administration. Les signaux réellement fiables restent techniques et contextuels : l'adresse d'expéditeur réelle, la cohérence entre le contenu et une démarche que vous avez effectivement engagée, la présence d'une urgence artificielle, et la destination véritable de tout lien ou bouton présent dans le message, indépendamment de la qualité du texte qui l'accompagne. Se fier au ton ou au style d'écriture pour juger de la légitimité d'un message est désormais une méthode dépassée.
Que faire si j'ai ouvert une pièce jointe suspecte ?
Déconnectez l'appareil d'internet dès que possible (Wi-Fi et données mobiles) pour limiter une éventuelle transmission de données ou propagation, puis lancez une analyse complète avec votre antivirus si vous en avez un installé. Si le fichier était un document bureautique (Word, Excel) et qu'une macro a été activée à l'ouverture, le risque d'infection réelle est plus élevé qu'avec un simple fichier image ou PDF sans interaction. Changez les mots de passe de vos comptes sensibles depuis un autre appareil non compromis, en priorité messagerie et banque, puisqu'un accès à votre messagerie permet souvent de réinitialiser d'autres comptes liés. Surveillez vos relevés bancaires et l'activité de vos comptes principaux dans les jours suivants. Si l'appareil continue de se comporter anormalement (lenteur, fenêtres inattendues, activité réseau inhabituelle) après ces vérifications, une remise à zéro complète ou l'aide d'un professionnel reste la solution la plus sûre plutôt que de continuer à utiliser l'appareil en l'état.